Collections


Beaux-arts

La collection rassemble plus de 750 œuvres du XXe siècle avec, comme courants de prédilection, l'abstraction de la seconde école de Paris, le mouvement CoBrA, la figuration narrative, le Nouveau Réalisme et Supports/Surfaces.

La collection offre un ensemble cohérent, composé essentiellement de peintures européennes d’après-guerre, ce qui en fait la collection d’œuvres de cette période la plus importante après celles du Musée national d'art moderne de la Ville de Paris et du Centre Pompidou.

Jean FAUTRIER, « Sarah », 1943

Au cœur de la collection : l’abstraction

Point d’orgue de la collection, l’abstraction s’affirme comme la plus dynamique des tendances après la Seconde Guerre mondiale. Elle est ici particulièrement bien représentée par les travaux d’artistes de la seconde école de Paris comme Hans Hartung, Georges Mathieu, Gérard Schneider ou Pierre Soulages, ainsi que par les œuvres d’autres artistes italiens, allemands et anglais qui témoignent de la vitalité de la scène artistique parisienne d’après-guerre. Dénonçant les crimes nazis, Sarah (1943) de Jean Fautrier s’inscrit dans une série incontournables de l’artiste (Les Otages) et peut être considérée comme une des œuvres les plus emblématiques de la collection.

La collection regroupe également un important corpus de peintures réalisées par les principaux fondateurs de CoBrA — Asger Jorn, Karel Appel, Constant et Corneille — ainsi que des travaux d'artistes belges, danois, français, néerlandais et suédois qui se joindront par la suite au mouvement. Une œuvre comme Den forhadte by (La Ville détestée, 1951) de Jorn montre par exemple toute la force du mouvement et son intérêt pour le primitivisme.

La figuration narrative, une peinture souvent politique

Bien qu’en rupture avec l’abstraction, le retour au sujet et à la figure continue à affirmer la peinture dans son rôle d’instrument critique mettant au défi la représentation. Les œuvres de Gilles Aillaud, Valerio Adami, Eduardo Arroyo, Erró, Alain Jacquet, Peter Klasen, Jacques Monory, Bernard Rancillac, Hervé Télémaque ou encore Jan Voss, représentants éminents de la figuration narrative, occupent ainsi une place de choix dans la collection. Tout comme le pop art mais en proposant un regard plus analytique et parfois polémique, la figuration narrative détourne les images venues de la publicité, des journaux et de la bande dessinée. Considérée comme contestaire, à l’instar de Au mur de Watts (1966) de Rancillac, son style perdurera bien après les événements de mai 1968.

Bernard RANCILLAC, « Au mur de Watts », 1966

Du Nouveau Réalisme à Supports/Surfaces

Prenant position pour un retour à la réalité sans toutefois s’orienter vers la figuration, les artistes du Nouveau Réalisme à l’instar de Raymond Hains, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Jean Tinguely rejoints par César ou Niki de Saint-Phalle sont aussi bien représentés dans la collection. Ils privilégient l’utilisation d’objets du quotidien marquant la réalité de leur temps, comme le mettent en lumière certaines sculptures de Tinguely ou les tableaux-pièges de Spoerri (Ich darf nicht tanzen, 1961).

Les artistes de Supports/Surfaces – Vincent Bioulès, Marc Devade, Noël Dolla, Jean-Pierre Pincemin et Claude Viallat notamment – remettent en question, quant à eux, autant les moyens picturaux traditionnels que la question du support de l’œuvre d’art. Ils s’intéressent aux matériaux et aux gestes créatifs, en privilégiant les objets de récupération, en dissocient la toile du châssis à l’instar de Pierre Buraglio (Châssis, 1974) ou revisitent le pliage comme Patrick Saytour (Pliage, 1968).

Daniel SPOERRI, « Ich darf nicht tanzen », juin 1961
WOLS, « Composition », vers 1948

Centrée sur les années 1940-1970, la collection n’a de cesse de se développer. En constante évolution, elle offre un véritable panorama de la création artistique de cette époque, et notamment de la scène parisienne. Elle ne s’y limite toutefois pas, offrant des confrontations fructueuses avec des artistes américains comme Alexander Calder, Sam Francis ou Joan Mitchell. Elle montre ainsi toute l’étendue des différents tendances qui se déploient au sein de ces différents mouvements, de Wols (Composition, vers 1948) à Aillaud (Serpent, porte et mosaïque, 1972).

Yan Schubert
Conservateur collection beaux-arts