Montrer la diversité des dieux du monde antique, comprendre les liens subtils qui les unissaient aux hommes et témoigner de la créativité de ceux qui ont fabriqué leurs images : telles sont les lignes directrices qui ont conduit Jean Claude Gandur à réunir une collection archéologique comptant actuellement plus de 1200 objets. Les documents égyptiens y sont le cœur de la collection ; ils reflètent l’évolution de l’art égyptien des origines (IVe millénaire avant notre ère, avec des statuettes en ivoire datées de l’époque prédynastique) à l’intégration de l’Égypte dans l’Empire romain. Le continent indo-européen, du Rhin à l’Indus, en passant par le bassin méditerranéen oriental, est le territoire où est née la majorité de ces objets datés d’une période comprise entre le VIIe millénaire avant notre ère et le IVe siècle de notre ère. En ces terres de conquêtes, quand les dieux se rencontraient, il leur arrivait de s’assimiler, de se superposer ou encore de se métisser, pratiques qui reflètent la capacité des religions païennes à accepter et à intégrer l’autre, voire à recréer des entités divines nouvelles, et non à en détruire les cultes.

Deux catégories d’objets occupent l’avant-plan de notre collection archéologique : les bronzes – égyptiens, grecs et romains –, tous de grande qualité. Ce sont ici majoritairement des ex-votos tantôt de dieux en épiphanie, tantôt de fidèles en adoration ; à cela s’ajoutent des realia du culte. Les amulettes composent le second ensemble remarquable – c’est l’une des plus riches collections au monde. Souvent réalisées dans des matériaux rares et chatoyants, en forme d’animaux ou d’êtres hybrides, et surtout dotées de pouvoirs magiques, elles attiraient les bienfaits des dieux – notamment du dieu égyptien Bès –, repoussaient le mauvais œil ou protégeaient les morts dans leur voyage dans l’Au-delà.

Au fil de la collection, on rencontre quelques fortes personnalités « divines » qui traversent l’histoire des cultes du bassin méditerranéen : ainsi la « Grande Déesse », cette déesse nourricière dont les idoles cycladiques ne sont que les préfigurations, en lien avec la fécondité, protectrice des femmes et des enfants, et qui s’appelle ici Hathor ou Isis, là Astarté, ou encore Anassa à Chypre, Aphrodite ou Vénus dans le monde classique. On y croise aussi un dompteur de lions, Héraclès, qui apparaît sous les noms d’Herclé ou d’Hercules en Italie, ou d’Héraclès-Vajrapani aux confins de l’Indus. Plusieurs portraits officiels balisent cette histoire religieuse de la Méditerranée antique : parmi eux, un majestueux Ramsès côtoie Alexandre et les Ptolémées, Cléopâtre VII et Auguste divinisé.

Tous les objets répondent quant à leur provenance aux exigences du Conseil international des musées (ICOM). Plusieurs d’entre eux ont également été la propriété de personnalités célèbres, tous collectionneurs passionnés comme Émile Zola, Pierre Loti, Yves Saint-Laurent, ou encore le collectionneur et érudit français Eugène Mutiaux.